Francine David

Francine David, 1989.
Archives UQAM.
Fonds d’archives du Service des communications, 291Usa667, b7570.


Présentation de l’entrevue

Dans cette entrevue, Francine David parle de son expérience en tant que membre du personnel de
soutien au sein de différentes entités administratives de l’UQAM et ce, dès la création de l’université.
Ayant débuté sa carrière au Collège Sainte-Marie, une des institutions constituantes de l’UQAM, elle a
été impliquée auprès du registrariat des deux institutions en plus de contribuer à la genèse de
l’université ainsi qu’à ses composantes, telle la Famille des sciences humaines. Elle a par la suite travaillé
auprès du Décanat des études de premier cycle, des Services aux étudiant.es et du Bureau des diplômés.
Francine David relate certains épisodes de grève aux suites desquelles le syndicat a réussi à obtenir de
meilleures conditions de travail, de meilleurs salaires ainsi qu’une amélioration des avantages sociaux
pour les membres du personnel. Elle touche aussi à la création même de l’université, de la fusion de ses
constituantes à la construction de sa structure administrative en expliquant le rôle clé qu’ont joué les
membres du personnel de soutien de l’université.

Biographie

Francine David est titulaire d’un baccalauréat en administration des affaires de l’Université du Québec à Montréal. Dès les années 1960, elle entame sa carrière au Collège Sainte-Marie, où elle occupe successivement les fonctions de commise à l’admission, de secrétaire du directeur des inscriptions, puis de secrétaire de direction auprès du registraire. À la fondation de l’UQAM en 1969, elle intègre la nouvelle institution et y poursuit une longue carrière marquée par la diversité et la richesse de ses fonctions administratives au sein de nombreuses unités de l’université. Elle est d’abord nommée secrétaire du Comité de Régie et devient, la même année, la toute première agente administrative de la Famille des sciences humaines.
Par la suite, elle œuvre à titre d’agente d’administration au Bureau du registraire (1971-1973), puis comme commise au Service du personnel (1974-1976). Elle occupe ensuite le poste d’agente d’administration au Service de l’éducation permanente (1976-1980), puis au Décanat des études de premier cycle (1980-1998). Elle devient attachée d’administration à la direction du Service à la vie étudiante (1998-2002), puis à la Fondation de l’UQAM (2002-2004).
Francine David prend sa retraite en 2004, au terme d’une carrière remarquable de trente-cinq années consacrées au service de l’UQAM, où son engagement et son professionnalisme ont grandement contribué au développement de l’administration universitaire.

Extraits de l’entrevue

Création de l’UQAM (4:25 à 5:48)

Le syndicat (8:32 à 16:46)

Transcription de l’entrevue [00:00:02] Cédric Champagne: Donc nous sommes le lundi 9 décembre 2019. En entrevue avec madame Francine David, qui a été secrétaire de direction, agente d’administration, attachée d’administration à l’UQAM de 1969 à 2004. Pour interviewer: Cédric Champagne, directeur du service des archives et de gestion des documents, et Lise Roy, professeure et directrice du département d’histoire de l’UQAM. Alors, pour débuter, madame David, pouvez-vous nous parler de votre parcours? Tout d’abord, vos études, quelles sont-elles? Quelles sont les études que vous avez faites?

[00:00:39] Francine David: Moi, j’ai fait une partie de mon cours classique. Je suis allée jusqu’en méthode. Ensuite, je vais aller faire deux années en scientifique et j’ai terminé par une année de cours commercial pour devenir secrétaire parce que je savais pas où aller à ce moment-là. Et c’est comme ça je suis arrivée au Collège Sainte-Marie qui a été une des maisons constituantes de l’UQAM. Et par la suite, à l’UQAM, j’ai fait un bac avec un cumul de certificats, un bac en affaires… en administration des affaires. C’est le… voilà mon parcours au niveau des études, en plus des cours qu’on prenait à l’UQAM, là, pour le perfectionnement, ne serait-ce parce qu’on avait des… des dactylos à l’époque pour arriver à l’informatique.

[00:01:23] Cédric Champagne: Donc, vous avez fait vos études au Collège Sainte-Marie et vous y avez travaillé…

[00:01:27] Francine David: C’est-à-dire… J’ai travaillé… Les études ont été à l’université, mon bac a été faite à l’université. Mon cours classique, à l’époque… Quand moi je suis entrée au Collège Sainte-Marie, c’était juste des garçons. [Ça] commençait tranquillement… Y’a eu le Collège Sainte-Marie de… de… d’éléments latins jusqu’en philo deux. C’était simplement des garçons. C’est dans les années 60… Un petit peu… Trois, quatre ans avant la… la création des cégeps, que les filles sont entrées au Collège Sainte-Marie [Cédric Champagne: Ok]. Mais c’est pas au Collège, c’est au… à… à l’université, à l’UQAM, que j’ai fait mon bac.

[00:02:00] Cédric Champagne: Et, ben, ce collège classique… C’était quoi d’être une femme? Une jeune… une jeune fille…

[00:02:04] Francine David: Au Collège? [Cédric Champagne : Ouais?] Ben ça faisait… Premièrement, j’étais très gênée à l’époque-là. Faut se reporter dans les années soixante… cinquante, soixante. Je suis pas jeune, j’ai 75 ans. C’était un monde d’hommes, c’est sûr, parce que je travaillais… On était, peut-être, à l’époque quatre secrétaires, quatre… quand j’ai commencé, quatre ou cinq. Ça s’est développé quand le Collège s’est développé aussi, pis qu’on parlait que, possiblement un jour, ça ferait partie d’une des maisons constituantes de… de l’UQAM. L’atmosphère était bien. Les patrons, c’était les jésuites. Et nous on… comme bonnes petites secrétaires ou commis, on écoutait, pis c’était à peu près, là, dans l’époque c’est comme pas… Comme aujourd’hui, c’est un peu plus dans les choses… Mais c’est… c’était l’apprentissage du travail aussi. L’atmosphère, c’était bien. Les filles, entre nous, y’avait différents… Nous… Moi, j’ai travaillé aux cours du soir avec… avec… on était cinq à ce moment-là, pis y’en avait deux autres pour le cours… les cours du jour qui étaient de éléments latins à philo deux. Pis le soir, ben c’était les cours… Les gens faisaient le bac. Ceux qui étudiaient le soir, ben c’était des adultes. [C’est à peu près ça].

[00:03:27] Cédric Champagne: Donc… Eh ben ma question portait plus sur… Vous dites que vous avez fait le collège classique. Vous étiez dans les premières… dans les premières femmes…

[00:03:33] Francine David: Moi j’allais au Couvent Sainte-Catherine, à l’époque-là, tu sais [Cédric Champagne : Ok, au Couvent Sainte-Catherine.]. Sainte-Catherine… On a fait élément latin tatata… Et, bon, le latin m’attirait pas beaucoup, pis bon, je… je voulais aller en sciences. Pis en fait j’ai fini par le commercial. Je voulais commencer à travailler, pis… [Remarque] c’était aussi hein… c’est dans les années 60. J’ai fini en 62… 63. J’ai terminé mon cours et j’ai commencé à travailler au collège en 63. Septembre 63. [Fait que] … La mentalité d’aujourd’hui, c’est pas du tout les… Je pense juste mes petites filles… [J’ai] une petite fille de seize ans, là, qui finit son secondaire cette année, pis mon Dieu qu’ils sont éveillés par rapport à nous. C’est sûr que les moyens de communication et d’enseignement sont beaucoup plus différents que dans mon temps. Tu sais, c’est… Nous, c’était… Moi j’allais chez les sœurs. Fait que les sœurs avaient toujours raison. C’était ça. Fallait que tu travailles… Mais c’est correct aussi. Je me dis… Si je suis qu’est-ce que je suis aujourd’hui, c’est un peu grâce à l’éducation aussi. Pis avec tout ce qu’on a vécu aussi dans les années… dans le monde… dans le monde du travail. Pis de travailler dans l’enseignement, ben ça a été un privilège aussi. Même si j’ai pas été professeure, j’ai aidé à ça. Je… On participait d’une façon ou d’une autre à l’élaboration de… d’une université où… pis de ce qu’elle est devenue aujourd’hui.

[00:04:50] Francine David: Si… si l’université est ce qu’aujourd’hui c’est parce qu’on était là aussi à l’époque [tu sais]. Ça été… L’atmosphère est… C’était bien. Comment je pourrais dire… C’est sûr qu’aujourd’hui c’est différent, c’est plus gros. Le syndicat est plus gros. Nous, on n’avait pas de syndicat au Collège Sainte-Marie. On avait… On allait défendre nos salaires. Moi, quand j’ai commencé, j’ai… je gagnais 40$ par semaine, mais… [pour] l’époque, c’était un bon salaire. Mais pour faire une augmentation… avoir une augmentation de salaire, fallait avoir… aller défendre nos choses, nos… notre argumentation, pis quand tu es gênée… Alors ça m’avait pris, je pense, deux semaines avant d’aller voir ma patronne. Pis là je dis: « Ben… je pourrais tu avoir une… une augmentation? Me semble ça fait depuis tant d’années que je travaille ». Mais c’était aussi l’époque. Pis c’est sûr quand l’UQAM est arrivée, bien, moi je travaillais au secrétariat. J’étais la secrétaire du registraire [du Collège Sainte-Marie] de l’époque. Et c’est pas lui qui avait été nommé au… registraire au début de l’UQAM. C’était quelqu’un de l’Université de Montréal qui arriv… qui arrivait avec quatre ou cinq personnes. Et ça a été difficile cette période-là, parce qu’on était rendu quinze aux… aux cours du soir et du jour, parce qu’on était toutes ensemble à ce moment-là, tous et toutes ensemble. Et quand le registraire est arrivé, il nous avait réunis dans une salle de classe et on était quinze.

[00:06:20] Francine David: Fallait dire ce qu’on faisait, pis dire nos salaires. Fait que… Tu parlais jamais de tes salaires avec tes… tes… tes amis de travail ou quoi que ce soit. Et ça a été comme un petit peu un… un peu de terreur si je peux dire, parce que le registraire Jolois, pour pas le nommer là, il était assez spécial. Il a fait un an et demi, deux ans. Mais c’est ça, c’était comme régimenté, comme à l’armée. Les secrétaires on avait… C’était… À l’époque, on pouvait commencer à mettre des pantalons, mais des pantalons, là, tu sais, quand c’est large comme une grande robe si on peut dire. Lui dans son… son registrariat, non, c’est des robes. Et ça a été… Moi j’ai eu la chance de quitter en juin ou juillet pour la Famille… la Famille des sciences humaines. Le doyen de l’époque, Grou, m’avait demandé si j’étais intéressée à aller travailler avec lui, monter le secrétariat. Parce qu’y’avait rien, là. Y’avait rien, rien, là, à l’époque. Alors, de ce… La Famille à ce moment-là, comportait sept… sept modules: histoire, géographie, sciences politiques…. y’avait sciences politiques, sociologie, travail social et, il m’en manque deux,[1]  mais là… etc… Mais ça… ça a été monté… le secrétariat, les secrétaires qui étaient de l’époque… postulaient, pis on les recevait, tout ça, pis on a mont… on a fait nos premières inscriptions ici, ça a été… ça a été… ça a été du beau travail. On a travaillé très, très fort, mais aujourd’hui je suis pas sûre que les filles feraient… ou les… des filles ou les garçons feraient la même chose, parce que ça a été ardu. On n’avait pas l’Internet à l’époque, hein. C’est ça la… une des questions demandées. On n’avait pas d’Internet, c’était la dactylo. On était au pavillon… pavillon Lafontaine, dans la gr… dans le grand amphithéâtre, là, qu’y’avait là-bas… C’était pas un amphithéâtre… ou le gymnase. On avait… chacun des modules avait… Pis dans… chacune des Familles aussi, parce qu’on était six Familles aussi, avait chacun son module, tout ça. Pis on faisait les… les statistiques à la main, là. Pis le soir on restait pour compiler. Je me souviens d’avoir Une fois entre autres, là, on était deux, trois qu’on était restées jusqu’à 3 h du matin pour vraiment voir où on en était, là, dans nos… Aujourd’hui, si… Quand tu penses à ça, c’est tellement… Tu sais, on le sait tout de suite, à la minute près, si le cours est fermé ou pas, là, tu sais. Mais c’était l’époque des années soixante, soixante-dix.

[00:08:49] Cédric Champagne: Donc comment se faisaient les inscriptions, là, sans ordinateur, Internet?

[00:08:52] Francine David: Les gens se présentaient à leur module. Ils étaient…. c’est tout… tout était par pap… par papier. Ils recevaient leurs choses. Ils avaient le choix. Ils venaient à l’inscription. C’était telle date à telle date. Et y’avait des grands filées, pis ils rencontraient le directeur de module. Ils faisaient ça, après… C’était vraiment manuel. Tout se faisait par… par téléphone. Si y’avait des… des contacts, c’était par téléphone. On prenait rendez-vous. Mais y’avait rien, là, de… Comme aujourd’hui tu peux avoir l’avis de quelqu’un si tu fais quelque chose rapidement, mais à l’époque ça l’était pas. On se déplaçait vers le… la personne qu’on voulait aller voir. Les étudiants étaient habitués comme ça aussi. Ils attendaient, pis c’est un papier, pis ils s’inscrivaient aux cours qu’ils voulaient. Pis là, ils rencontraient le directeur, pis là ben il disait oui, parce qu’il avait son parcours. Chaque directeur avait aussi sa filière avec les étudiants. Quand c’était les nouveaux, c’était la même chose, y’avait les dossiers des nouveaux. C’était… c’était ça. C’était ça l’époque. C’était rudimentaire, si on peut dire [Cédric Champagne: Oui].

[00:09:59] Cédric Champagne: On va reculer un petit peu dans… dans le temps pour y aller par étapes. Donc, si je comprends bien, vous étiez secrétaire à l’admission du Collège Sainte-Marie. Et là, le registraire est venu vous voir, vous a rassemblé. Et là, au mois de…

[00:10:14] Francine David: Le nouveau registraire de l’UQAM.

[00:10:15] Cédric Champagne: Le nouveau registraire de l’UQAM, qui est… Son nom, c’était?

[00:10:17] Francine David: C’était Jean-Jacques Jolois. Y’avait Marie-Hélène qu’il avait amené… La seule personne qui est restée après que le registraire était en tutelle pendant peut-être six mois… qui est restée, c’est Odette Claudinon qui a été jusqu’à la fin. Elle a pris sa retraite elle, aux environs de 2004 aussi. 2005 peut être. Odette est restée. Elle était attachée d’administration au Registrariat. C’est la seule personne que Jean-Jacques Jolois avait amenée. Parce que lui, il avait amené sa gang, si on peut dire, de l’Université de Montréal. Alors, tout ce qui était en place… Monsieur… Ah non… Monsieur Langevin, qui était registraire de l’époque, il est pas resté longtemps après parce que le poste avait pas été offert. Pis c’était un… un excellent registraire au Collège Sainte-Marie, mais c’était le gouvernement [hein] aussi qui nommait les pions, pis tout ça.

[00:11:07] Cédric Champagne: [Francine David: C’était que] Donc le registraire était à l’Université de Montréal auparavant.

[00:11:11] Francine David: Oui, mais il était pas registraire, je crois. Je me souviens pas là. Faudrait je cherche dans mon disque dur [Rires]. Il était… [] que c’était une promotion pour lui de venir à l’UQAM, tu sais, parce que c’était nouveau aussi, hein? C’était une université en plein centre-ville, une université qui était ouvert à la communauté aussi parce que l’Université de Montréal, ben c’était un peu plus snob, pis ceux qui avaient des sous… Alors, le gouvernement voulait faire une université que les… tous les gens pouvaient aller à l’université, pis être proche du… du monde dans le fond. Pis c’est ce qu’on a fait, je pense. Et aujourd’hui, ben, je pense bien encore aujourd’hui. On entend parler des fois des petites choses. Mais on a connu Lapassade. Vous avez pas connu ça, vous autres. Moi, j’étais en sciences humaines. Ce monsieur qui était un peu révolutionnaire à l’époque en France, qui était venu ici parce que… Mais ça a fait avancer… Faut… faut faire, tu sais, y’avait juste… faut regarder le côté positif de tout ça. C’est ce qui a fait avancer l’UQAM aussi. Même si on trouvait ça un peu difficile à l’époque, tu sais. Mais c’est… c’est correct. Moi, j’ai beaucoup, beaucoup aimé. Je trouvais que c’était motivant. C’était motivant de travailler. Pis on… j’étais… j’ai été chanceuse parce que j’ai trouvé… j’ai travaillé avec une équipe qui était formidable là, tu sais. C’était André Grou à l’époque qui était vice-doyen, parce que les vice… c’était des vice-doyens dans chacune des Familles. Pis y’avait le doyen des études de premier cycle. Pis y’avait le doyen des études de deuxième cycle. Nous dans les Familles, au début, c’était juste au niveau des premiers cycles. Par après, ben, c’est arrivé le deuxième, parce que c’est une nouvelle université. Pfffffffffffff, c’est à peu près ça.

[00:12:58] Cédric Champagne: Vous avez parlé de… de la mise en tutelle après seulement deux ans… mise en tutelle du… [Francine David: Oui, du registrariat] du registrariat en 71?

[00:13:05] Francine David: Mais les admissions, quand je suis arrivée… Parce qu’on m’avait demandé – parce que moi j’avais l’expérience – d’aller… Je suis allée trois mois avec une équipe qui était habituée d’ouvrir les dossiers, de les… bien les classer et tout ça. Y’avait des… des piles de dossiers de… d’admission qui étaient pas faits. Alors on a travaillé très fort pour… Pis ça a été un monsieur Pérusse, si ma mémoire est bonne, qui a été nommé tuteur. Et après, le poste s’est ouvert et ça a été Denis Laforte qui a été nommé registraire. Et je suis allée après avec Denis – qui était en science politique, qui était directeur du module de science politique – Denis Laforte qui est devenu registraire. Et je suis… Quand le poste s’est ouvert, il m’a demandé si je voulais le suivre. Pis j’ai dit oui, pis c’est des choses… Ça a été… ça a été le fun. C’était de recréer, aussi, la confiance des gens pour le registraire aussi. Pis c’était… pis là, ben l’informatique est rentrée tranquillement, pis… Ce qui a fait…. Vous posez la question ici, Madame Roy, « est-ce que c’est à cause de la grève? » Non, ça a été… Quand il y a eu la grève en 71, Jean-Jacques Jolois était parti. Oui, il était comme en congé sans solde ou je sais pas trop quoi. Il était… il était parti à ce moment-là, lui. Parce que quand la grève… Je me vois, j’ai été au registraire, à l’admission quand la grève a… a été… pas éclaté, mais quand il y a eu la grève de 71.

[00:14:40] Francine David: La grève… Ben les gens qui connaissaient pas beaucoup dans… le domaine universitaire ou le domaine de l’enseignement, c’était gra… c’était rare, les grèves, tout ça et moi, je me souviens de… [Inspiration] J’avais peur de perdre mon emploi parce que… Tu sais c’est… On entendait parler de ça un peu dans d’autres usines ou quoi que ce soit, mais dans le domaine universitaire on l’entendait pas. Alors c’était un peu l’incertitude de ce qu’y’avait… Puis on allait se défendre en assemblée, mais c’est quoi? Qu’est ce qui était pour arriver? Parce que la communication était pas ce qu’elle est aujourd’hui non plus, alors… Mais on a passé à travers ça, puis ça nous a… Ben je suis très contente que le SEUQAM a été créé et que le maraudage et tout ça… Parce que ça nous a donné la permanence, ça nous a donné des bons salaires, des bons… une belle qualité de vie aussi. Ça a pas toujours été facile, mais j’ai jamais été non plus active au niveau du SEUQAM. Mais j… quand j’étais en accord avec eux, ben j’étais en accord aussi avec eux. Des fois, ça exagérait un peu, mais c’est… c’est toujours les syndicats qui en demandent plus pour avoir ce qu’on veut aussi, tu sais. Mais quand tu comprends ça, après ben tu admets plein de choses. Pis de l’ouverture aussi. Ça nous donnait de l’ouverture. Quand tu étudies, ben tu vois aussi l’ouverture qu’est-ce que ça peut donner. Alors c’est… c’est ça. Ça a été…. c’était une belle expérience. Je peux pas dire que c’était négatif. Moi j’ai… j’ai trouvé… j’ai travaillé fort, j’ai travaillé… [bon] j’ai eu les postes pour aussi, mais c’était motivant. C’était encourageant. Jamais je me levais, là, [pis me dire:] « Ah, pas encore travailler aujourd’hui ». Tu sais, on avait toujours quelque chose de… En tout cas, dans mon cas, ça a été correct. C’est juste vers la fin, j’ai eu un conflit avec quelqu’un, mais ça a été comme correct. J’avais pas connu… j’avais pas connu ça. Pis j’ai… j’ai terminé au Bureau des… des diplômés, pis ç’a été super bien, tu sais. Pis, quand… Ben j’avais été prêté à la Fondation en 2002, je pense, 2002-2003 et j’ai eu un patron qui venait de Gaz Métropolitain, puis moi j’étais pas habitué à des… des contraintes, tu sais. Quand tu fais un tableau, même si c’est pas correct, si tu veux savoir si c’est ça que la personne veut, tu lui présentes comme ça. Pis le monsieur lui, il disait: « Non, regarde tes… tes colonnes sont pas bien fait ». J’ai dit : « Moi je veux savoir si c’est ça que tu veux avoir, pis si c’est ça après je vais continuer ». Mais c’est correct. Mais c’est juste que je faisais un aparté. Vous le couperez si vous voulez ça. Mais… mais j’avais pas connu un conflit, parce que moi j’ai jamais eu de conflits à l’Université. Pis ben j’ai eu… Mais ça m’a permis de comprendre des personnes qui ont eu des conflits après avec leur patron ou la direction, pis tout ça. Mais dans l’ensemble, ça a super bien été.

[00:17:35] Cédric Champagne: Est-ce que vous… est-ce que vous vous rappelez de l’ambiance qu’y’avait au Collège avant la fermeture?

[00:17:43] Francine David: L’ambiance? L’ambiance… Écoutez, l’ambiance était bien. Comme je disais tantôt, les communications étaient pas ce qu’elles étaient. C’était comme en cachette bien souvent. On en a entendu parler peut-être dans les derniers mois. Pis moi, j’ai fait… eu l’avantage de travailler un peu au comité de régie parce que mon patron, Monsieur Langevin, faisait partie aussi de… de ce comité-là. Pis j’ai travaillé, comme, je pense, deux ou trois jours semaine pendant quelques temps. Et… c’est comme ça qu’on voyait… Mais au Collège, on avait pas… C’était comme correct… [C’est… c’est ju…] Quand on a connu le nouveau registraire, c’est là que y’a un peu de… d’incertitude au niveau des employés. Pis c’est quoi qu’on va devenir? Qu’est-ce qu’on va rester au registraire? [] Moi, je donne juste… J’étais secrétaire de direction et j’avais le… j’avais le droit à 1h15 pour dîner. C’est important là. Les autres avaient une heure, moi j’avais un petit peu plus. Et à l’université, tout le monde était sur le même pied d’égalité. Mais moi, c’était un droit acquis. Alors je m’étais quand même défendue. Mais c’est à ce moment-là qu’on a eu un peu [Inspiration] de craintes à savoir est-ce qu’on va rester à l’UQAM? Est ce qu’on va [faire]… est-ce qu’ils vont nous engager? [Tout ça.] Pis moi j’ai eu l’avantage ben…je… le… le… le nouveau doyen… vice-doyen Grou ben il me connaissait parce qu’on avait un peu travaillé… parce qu’il avait affaire avec mes patrons et… ben c’est comme ça qu’il me connaissait aussi. Pis il était venu me chercher pour…

[00:19:14] Lise Roy: Est-ce que c’est avec lui que vous avez… est-ce que vous avez fait un entretien d’embauche avec lui? Ou… comment ça…

[00:19:19] Francine David: Ben il m’avait demandé: « Francine, est-ce que tu serais intéressée à venir? » [Lise Roy: Ok]. Ah ben c’était comme ça, là, tu sais. L’embauche était comme ça. Ben: « Il faut monter le secrétariat, je te vois faire… Tu sais, je te vois aller depuis des années. Alors je suis certaine que tu serais… ». Comme, j’ai été la…   comme, la première agente d’administration parce qu’y’en a eu après dans les autres Familles, puis j’avais le personnel à ma charge, pis c’était comme… Tu sais, c’est comme si moi j’étais chef de bureau, là, tu sais. Ça me faisait rire dans le temps, là, tu sais. Mais c’est… c’est comme ça que j’ai eu… que j’ai eu le poste d’agente d’administration à la Famille, tu sais. Comme au registraire, ça je me souviens, quand je suis revenue au registraire en 70, 71. Là, j’avais passé une entrevue, mais je connaissais le doyen… euh le… le registraire aussi. On était comme deux en lice et c’est moi qui l’a eu. Mais c’est correct. On a nos qualités, nos défauts, pis… Alors, c’est ça là, mon entrevue avec le… le doyen c’était comme ça. Ça se faisait comme ça. Les gens allaient chercher… « Moi, je veux avoir un tel ou une telle. Je la connais. Elle travaille de telle façon ». C’était… c’était… Tout était à créer quand l’UQAM est… est arrivée, pis y’avait les autres maisons constituantes aussi. Fait que fallait aussi que les gens soient aussi placés. Soit… Parce que les gens voulaient garder… En tout cas, le but de la création de l’UQAM, c’était pas d’évincer les… les… les employés, c’était de garder le personnel qui était en place dans chacune… Comme à la faculté… la Famille des sciences de l’éducation c’était au pavillon Lafontaine. Alors les employés du pavillon Lafontaine, qui faisaient partie de… de l’École normale Jacques-Cartier à ce moment-là, ont été engagés au dépar… à la Famille des sciences de l’éducation parce qu’elles avaient de l’expertise dans ce domaine-là. Y’a eu aussi un service de… Oh mon Dieu… J’ai… Y’avait différents… Y’avait du Collège Sainte-Marie… Je me souviens pas, là, de comment il s’appelait ce service là, mais c’était comme un peu de transition aussi pour les jeunes. À part ça…

[00:21:32] Lise Roy: Puis à l’été 69, le comité de régie, ça doit être quand même assez…

[00:21:38] Francine David: Oui, mais moi je faisais… [Lise Roy: Excitant…].

[00:21:39] Lise Roy: Parce que tout était à….

[00:21:40] Francine David: Tout était à refaire [Lise Roy: Tout était à refaire] avec eux. Pis c’est ça, ben, y’avait le registraire qui faisait partie… Il devait avoir des gens de l’Université de Montréal aussi, pis des autres constituantes. Comme, moi je faisais pas partie des comités. J’étais là plus pour… au niveau du secrétariat, pour écrire les lettres et puis répondre au téléphone. C’était le travail que j’avais à faire qui était différent des admissions et des inscriptions au bureau du registraire. Mais c’était une belle expérience quand même aussi. C’était… c’était le fun de savoir aussi ce qui pouvait devenir le Collège, mais ça faisait quand même une petite crainte, là, tu sais. Mais… J’essaie de… Regarde… – [Je vas] chercher ça loin, j’ai 75 ans, là, fait que… [Je vois pas] – part quand le registraire nous a… C’est sûr qu’on avait un peu, comme je disais, des craintes de perdre notre emploi, mais on était aussi motivés par l’UQAM. C’était quelque chose de nouveau qu’on voulait… qu’on voulait bâtir aussi. Pis c’est ce qui est arrivé. Parce que la majorité du personnel est restée en place dans différentes Familles ou autres, là, tu sais. Parce que dernièrement, justement, je suis… Sans savoir, là, un peu avant que vous demandiez les noms, on… Je suis [à] un groupe d’assistante administrative avant que… Ils m’ont acceptée, même si j’étais pas assez attachée. On se rencontre deux fois ou trois fois par année. On va luncher ensemble ou on va manger. Puis on parlait justement du début de l’UQAM, pis que… comment, tu sais… ce qu’on a vécu. Y’en a qui ont vécu d’autres choses que moi j’ai vécu, mais… Je sais pas… C’est sûr… qu’avant, un peu, l’UQAM, quand les jésuites… Parce que y’a les jésuites, y’a beaucoup de jésuites l’année, je pense, de l’expo, les jésuites ont dé… défroqué, excusez l’expression, mais ils sont sortis de chez les jésuites. Ça, ça te faisait aussi te mettre au niveau de la religion plein d’affaires, parce que tu les avais toujours vu. Moi je me souviens, le recteur, il était parti avec une dame, pis y’avait une autre qui était… Fait que, tu sais, ça te remit en question. Pis ça dit « Ah et puis [les] jésuites, ça va être… ». Ça, est ce qu’il y a eu une crainte? Je sais pas. C’était l’année de l’expo en plus. On allait à l’expo, c’était nouveau, c’était plein de choses. Pis après, ben regarde, c’est la création de l’UQAM qui est arrivée avec ça, tu sais. Probablement qu’ils ont évincé les… les jésuites pour arriver, mais… J’étais pas assez dans… Un peu… J’étais un peu naïve aussi au début, là, tu sais, c’est… c’est pas comme aujourd’hui qu’on essaie de… de… La participation qu’on avait, nous, on était des exécutantes là, tu sais, c’est plutôt ça. On avait notre petit domaine, pis on était… notre expérience, pis on nous demandait pas, là, notre avis: « Qu’est-ce ça va être? », tu sais, entre la création pis la… C’est après qu’on demandait: « Qu’est-ce que t’en penses? ». Pis ça c’est, une fois que… Moi, quand j’ai été à la Famille sciences humaines, ben là c’est là, je pense, que je me suis développé plus avec les gens aussi que… que tu travailles, pis tu vois plus. [Pis] tu [vas] un petit peu plus loin aussi. Mais ce fut une belle époque-là, tu sais. On était 3000 à l’époque, là, tu sais, 3000 étudiants. Aujourd’hui, ils sont rendus à combien? Pis on trouvait ça beaucoup, beaucoup. Alors… C’était, comme, correct. Mon Dieu. Tu sais, je me vois à ce moment-là, pis je me vois aujourd’hui ou un petit peu quand je suis parti à la retraite, là, y’a un monde, là, tu sais, parce que y’avait… quand j’ai quitté y’avait pas loin de 40 000 étudiants. Fait que… Alors…

[00:25:23] Cédric Champagne: Lorsque vous êtes arrivée comme secrétaire de direction, les étudiants devaient avoir à peu près votre âge?

[00:25:27] Francine David: Oui, moi je suis… Oh c’est bien me le faire rappeler [Rires]. Les étudiants étaient, oui, de mon âge. Les gens de philo… philo un, philo deux étaient très intéressants. Ils étaient un petit peu plus vieux que moi. Après… [Rires] Regardez pas comme ça [Rires]. Après… après, quand l’Université est arrivée, là, à un moment donné, tu disais: « Oh, là ça peut être mon chum », après: « Ça peut être mon cousin, ça peut être mon neveu ». Pis là, je pourrais être la grand-mère ou l’arrière-grand-mère de tout le monde. C’est… [mais tu sais] c’est différentes étapes. Oui, c’était… Y’avait des jeunes, y’avait ceux de philo deux. Philo un étaient intéressants aussi [Rires].

[00:26:02] Cédric Champagne: Je regardais votre pré-entrevue, vous parliez de Monsieur Guy Berthiaume qui a été PDG de BAnQ, qui a travaillé ici à l’UQAM aussi, qui a fait son bac en histoire [Francine David: Oui, oui, oui, oui. Je l’ai connu comme étudiant.] en 1969.

[00:26:14] Francine David: Oui, oui, [] ben là il a pris sa retraite là [Cédric Champagne: Oui, oui, oui, oui.]. Mais ça fait longtemps je ne l’ai pas vu.

[00:26:18] Cédric Champagne: Il faisait partie de la « Quenouille bleue » à l’UQAM.

[00:26:22] Francine David: Non, il était… Ben, c’est beaucoup… Ben après il s’est… il est parti à l’Université de Montréal. Je sais pas ce qui s’est passé. Pis il est arrivé à la Grande Bibliothèque et de là, il est allé à Ottawa, si ma mémoire est bonne.

[00:26:35] Cédric Champagne: Donc, vous le connaissiez?

[00:26:35] Francine David: Oh oui, oui, je connaissais Guy. Ben, oui, oui.

[00:26:39] Cédric Champagne: Les étudiants de cette époque-là.

[00:26:40] Francine David: Oui, c’était un étudiant de cette époque-là. Y’en avait qui sont plus intéressants que d’autres [Rires]. Y’en avait qui étaient plus beaux que d’autres [Rires]. Ça a pas dû changer aujourd’hui non plus. Hum… Eh mon dieu…

[00:26:58] Cédric Champagne: Donc la création du secrétariat au niveau de la Faculté des sciences. Est-ce que vous pouvez nous en…

[00:27:03] Francine David: C’est pas sciences, c’est sciences humaines.

[00:27:05] Cédric Champagne: Des Sciences humaines?

[00:27:06] Francine David: Oui, j’étais en sciences humaines. C’était la Famille à l’époque. C’est dans les années 92, je pense, 95 que les facultés ont été créées. C’est lors de… Quand Madame Paule Leduc, qui était rectrice, ça a été… en facultés. Mais je… je… entre [quatre-vingts-]douze, [quatre-vingts-]quinze, je me souviens pas. Mais c’est à peu près, je pense, plus vers 1995. Mais avant c’était des Familles et l’École des sciences de la gestion aussi, c’est devenu… Au lieu d’une faculté, c’était l’École des sciences de la gestion. Ben à la Faculté… à la Famille sciences humaines c’était le fun aussi, c’était de monter le secrétariat. Chaque personne, chaque module avait son directeur, pis les étudiants… on avait un grand secrétariat, pis les étudiants venaient. Pis là après, les inscriptions se faisaient dans chacune des Familles, là, tu sais. Au début, ça se faisait à la… l’école… voyons, au pavillon… voyons, Lafontaine, mais par après quand tout a été bien fondé dans chacune des facultés… – dans les Familles [regardes] – et ça venait… Telle date à telle date c’était les inscriptions pour tel module, telle heure, pis tout ça. C’était un… ben… On… on s’est créé aussi comme ça aussi…

[00:28:20] Cédric Champagne: Puis c’était quoi ça créer un secrétariat à partir de…

[00:28:23] Francine David: Ben c’est à partir de… Tu sais, y’avait pas rien là. Y’a rien, rien. Tout était centré aux collèges… aux collèges étaient toutes centrés ou comme dans les écoles normales. Alors ceux qui allaient en sciences humaines: les étudiants d’histoire, de géographie… Fait que fallait prendre les dossiers des gens qui voulaient aller en histoire, en géographie et tout ça. Alors c’était de monter les dossiers de ça. Pis y’avait… Est-ce qu’y’avait? Oui, je pense qu’y’avait un service des archives aussi à ce moment-là, si… Je me souviens plus, mais… Alors ça a été… Ben c’était ça la création: les bureaux, les… les… les… tu sais, les bureaux pour les directeurs de module, tu sais, y’avait rien, rien de ça. Pis à l’Université, c’est dans les différents pavillons qu’y’avait aussi. Alors c’était de monter toute la paperasse, ce qu’on avait besoin comme matériel. Fallait tout, tout, tout monter.

[00:29:13] Lise Roy: Créer des formulaires, j’imagine, puis…

[00:29:16] Francine David: Oui, tout à fait. [Inspiration]. Mon Dieu [] chercher ça là? C’est parce que je vois là, tu sais, c’est ça. Tu sais, pour les frais de… des directeurs quand ils partaient, tu sais, on faisait… C’était mon rôle à moi. Dans chacun des… des modules, les secrétaires avaient aussi leur… leur paperasse pour les inscriptions avec les étudiants, leurs listes d’étudiants, puis les suivaient avec le directeur, pis tout ça, tu sais. C’est… c’est un peu aussi comme aujourd’hui dans les modules, mais ça s’appelle plus les modules, mais les programmes. Chacun des programmes a une personne attitrée. C’est une… c’est une professionnelle je pense. Pis y’a aussi… ah, je me souviens plus là… commis au…

[00:30:03] Cédric Champagne: aux logiciels?

[00:30:04] Francine David: Commis à… au…

[00:30:06] Cédric Champagne: Aux logiciels, non?

[00:30:08] Francine David: Mais non, mais… au programme mettons que [Cédric Champagne: Ah ok] … Ben, aux logiciels… [Cédric Champagne: Ok je comprends] Ben ils ont chacun leur façon de faire dans chacune des facultés ou école. Mais ça, c’était tout à créer ces… ces choses-là avec le directeur ou… maintenant, c’est des doyens dans chacune des facultés, même si [sont]… maintenant sont cadre, même, je pense, hein, les doyens? Avant [à] l’époque, ils étaient pas cadres, ils restaient professeurs et c’est ce qui a créé des fois des… des ambiguïtés quand il y’avait la grève des profs. Mais c’était de monter au complet, là, le secrétariat. C’était de monter l’UQAM aussi parce qu’y,avait… y’avait… y’avait le comité de… la Commission des études, y’avait… Ça doit exister encore, sûrement, pis ça doit être énorme maintenant, par rapport à ce que c’était avant. Pis y’avait des comités. Moi, je me souviens, quand j’ai travaillé au décanat des études de premier cycle, la doyenne… On… Une fois par mois, y’,avait des comités de… de régie des décanats, de tous les décanats, là, de tous les doyens. Chacun des… des doyens venait, mais y’avait six personnes qui faisaient partie. Alors les règlements partaient de là, ça partait par le comité, la Commission des études… Y’avait un autre, aussi, comité, là… je me souviens plus des… Commission des études peut-être? Y’avait… Mais ça doit exister, encore, ça, au niveau du Secrétariat général, sûrement. Mais nous, c’est sûr que au niveau académique, moi, j’avais pas affaire à l’académique même. On pouvait suivre un étudiant, c’est sûr, mais on ne pouvait pas dire: « Ben, tu devrais prendre tel cours, ce serait mieux » parce qu’on n’avait pas l’expertise pour ça, mais on pouvait quand même suivre son programme, pis le référer à quelqu’un parce qu’il fallait quand même répondre. Et des fois, les directeurs étaient pas là, pis on essayait de, tu sais, de voir dans son programme si ça pourrait être… ça pourrait être utile pour lui ou… Je pense que les… Comme Je parlais tantôt, les commis… c’est… au programme, là, je… j’ai pas le nom exact pour ça. Pis y’a aussi des assistantes aussi qui… maintenant c’est « assistantes d’administration » au lieu de « agentes » … Y’a aussi des professionnels qui s’occupent du cheminement des étudiants dans chacun des programmes aussi.

[00:32:27] Cédric Champagne: J’imagine que vous étiez responsable du classement, de l’archivage [Francine David : Oh oui, oui] et tout ça. Comment ça se faisait à l’époque?

[00:32:34] Francine David: Mais le classement, tu sais, on faisait ça… on classait ça par module, pis… pis là les secrétaires envoyaient ça au… Y’avait des f… des boîtes avec un espèce de formulaire avec les noms dedans. Une fois par année je pense qu’on envoyait les plus anciens, puis on envoyait ça au Secrétariat… au Service des archives, pis on gardait une copie. Si on avait de besoin, on appelait aux archives, on disait: « Bon, on a besoin de tel dossier ». Fait que on allait le chercher ou on pouvait le chercher avec eux. Oui, mon Dieu, ça c’est vrai, tu sais, c’est loin, ça. Oui, c’était… oui à ce moment-là, ça a été comme ça. Et bon, le classement, c’était pas comme maintenant. Je pense qu’y’a des règlements au niveau du classement… Ça, à l’époque on classait par modules, par ordre alphabétique. Toutes nos choses étaient comme ça.

[00:33:21] Cédric Champagne: Chaque secrétariat avait [Francine David : Oui. Oui, tout à fait] sa propre façon de faire.

[00:33:23] Francine David: Oui, tout à fait. Et par après, ben c’est ça, y’a eu comme des règlements, pis ça… ça a été différent, là, pour mieux se… se chercher. Se trouver aussi c’est… Ouais.

[00:33:34] Cédric Champagne: Est-ce qu’il ya des… des emplois que vous avez occupés à l’UQAM dont on n’a pas parlé encore?

[00:33:49] Francine David: Ben, quand je suis arrivée au registraire… Après le registraire, je suis allée… je suis allée au Décanat des études de premier cycle. J’ai travaillé 17 ans au Décanat des études de premier cycle. Je m’occupais des loc… ben des locaux. Si y’avait des problèmes de locaux, c’est à moi qu’on se référait. La commande de cours, c’était tout au Décanat des études de premier cycle qu’on… qu’on gérait ça. On voyait chacun des… je voyais chacun des coordonnateurs, je m’occupais des budgets aussi des Familles, parce qu’à l’époque, les budgets n’étaient pas dans les Familles ou dans les… ben les facultés après, ça a été. Ils avaient leurs budgets, mais la répartition se faisait au Décanat des études de premier cycle. Ça a été une grosse période. Ça a été une belle équipe aussi, cette équipe là que j’ai, au premier cycle, j’ai… j’ai fait 17 ans et c’était une belle synergie. Le personnel c’était super bien. Après, j’ai été nommée… ben j’ai… j’ai postulé pour le poste d’attaché d’administration aux Services à la vie étudiante. Là, je suis allé de 99 à 2002. Là, on est venu me chercher pour la… on m’a demandé de postuler pour la coordonnatrice pour la campagne majeure, mais je me souviens pas si c’est de 2002, 200-… j’ai pas vérifié là, mais pour… pour ça. Pis y’a eu un changement de direction… y’a eu un changement de direction à… à la Fondation. Ça a été… ça, ça a été le moment le plus pénible dans mes 35 ans à l’UQAM. La directrice, Anne… je me souviens plus de son deuxième nom… Anne Roussel. C’était la spécialiste en… la spécialiste en levées de fonds, mais des fois, elle… elle disait: « Je vais faire telle, telle affaire avec les professeurs ». Elle voulait changer un peu. Je lui disais en réunion, pis elle aimait pas ça, tu sais. Pis je le disais pas bête, mais « Je pense qu’il faudrait pas comme ça aller avec… comme ça, avec les professeurs ». Parce que chaque université a quand même ses… pas ses lois, mais ses… son fonctionnement. « Ah! C’est moi la spécialiste ». Parfait, moi je me suis tu. Je me suis en allée à mon bureau, pis j’ai su par ailleurs qu’elle s’était faite quand même ramasser royalement. Et quand elle a quitté son poste, elle m’a… elle s’est excusée de pas m’avoir écouté, pis de pas av.. pas écouter, mais de suivre les conseils. Ben je lui dis: « Tu sais, ça fait depuis le début de l’UQAM, je suis ici. Je sais à peu près comment fonctionne tel… tel département, tel ça. Alors c’est sûr que d’arriver puis faire des règlements pour les… faire-ci… faut que tu ailles les consulter même… pis les amener à ta façon de faire. Pas arriver pis dire ça ». Alors, ben ça a été mon… mon petit… mon petit velours quand elle est partie. Et après je me suis… je suis allée au Bureau des diplômés. J’ai terminé le… l’année et demie au Bureau des diplômés. J’ai beaucoup aimé ça, travailler avec les associations et ça a été un beau parcours. Quand je regarde tout ça, j’ai fait un peu de… beaucoup d’académique. Même si j’étais dans les services, j’ai été dans l’académique plus. Et après, ben ça été aux Services à la vie étudiante. C’est vraiment au niveau des budgets placés. J’avais…fait plus au niveau de ça. J’avais pas… Mais mon expérience me faisait… Puis ben… oui, ça a été… [Je suis] … Moi je, l’UQAM, c’est… c’est un privilège []. D’ailleurs, à chaque année, je vais, en tant que présidente des retraités, à la fête des retraités qui ont 25 ans et plus et la fête des… des… ceux qui ont pris leur retraite… ceux qui travaillent depuis 25 ans à l’UQAM et ceux qui prennent… ils ont pris leur retraite cette année en 2019. Je leur dis toujours que c’est un privilège pour moi d’avoir travaillé à l’UQAM. Je suis certaine que si je… j’étais… j’avais travaillé dans l’assurance ou quoi que ce soit, je serais pas la femme que je suis aujourd’hui. Probablement j’aurais pas fait mon bac premièrement, tu sais. J’aurais peut-être d’autres expériences, mais ce serait pas ce que je suis aujourd’hui. Alors moi, je remercie l’U… je la remercie l’UQAM, parce que je suis devenue ce qu’elle est devenue et aussi les gens avec qui j’ai travaillé, qui m’ont permis d’être ce que je suis aussi. Que… tu sais… je suis  quand même… ben j’ai quand même évolué dans cette… dans cette université, on en a… ça a pas toujours été facile, mais on y garde de très, très bons souvenirs. Moi je… je regarde ça très positivement, très… Pis là, dans les gens, si on n’avait pas aimé ça, on se verrait pas, hein? On avait la semaine dernière le dîner de Noël de… de l’APRÈS UQAM et pis les gens sont contents de se voir. On était quand même une cinquantaine et plus. Pis on parle toujours de l’UQAM. Tu sais, pour nous, c’est… c’est notre bébé [dans le fond], pis c’est… Non, ça a été une belle période de ma vie. Pis, ben là c’est mon dernier mandat comme présidente, fait que je suis très contente aussi parce que la vie m’a amenée ailleurs. Mais je vais quand même rester membre de l’association, mais… mais comme je le disais, c’est du… c’est nouveau, la direction nouvelle. Alors faut aller développer avec les nouvelles personnes rencontrées, parce que moi je les connais pas et tout ça. Mais une nouvelle personne c’est bon aussi parce que ça fait dix ans que je suis là tu sais. Mais ça pleut pas hein. Les gens se… se lancent pas directement là, tu sais. « T’es là, tu fais bien la job », mais… présente toi, tu sais, fait que… Nous on aimerait ça que les jeunes retraités rentrent, pis qu’ils nous bougent un peu, tu sais. On souhaite que ça devienne aussi… ça devienne ça aussi. En gros, moi c’est… c’est positif. Je sais pas… C’est une belle vie à l’UQAM, vraiment. Je suis contente de ce qu’elle est devenue l’UQAM aussi. On est quand même reconnus dans le… dans le monde, hein? Pis, si j’étais plus jeune, j’y travaillerais encore, tu sais, mais maintenant, à 75 ans, j’ai donné.

[00:40:11] Cédric Champagne: Vous avez parlé beaucoup ici et là du SEUQAM. Selon vous, qu’est-ce que l’arrivée du SEUQAM a changé à l’UQAM?

[00:40:20] Francine David: Je pense que ça a donné… la… voyons comment on appelle… pas l’expérience… la sécurité aux gens. D’ailleurs, écoutez… on a des très bons… tu sais, les salaires sont bons, la stabilité d’emploi, tu sais, la confiance des gens. Ça… ça a donné à des gens qui sont pas capables de se défendre aussi, de pouvoir aller les rencontrer les gens, puis demander conseil, demander… Je parlerai pas des extrémistes on est pas des [choses], mais y a des gens qui sont pas capables de s’exprimer, fait que les… ils sont capables d’aller [] … C’est aussi la sécurité d’emploi. Ça, c’est… c’est important. Pis ça a amené aussi… à l’époque on n’avait pas de régime de retraite hein. Y’avait pas rien de ça. Pis on avait comme, des fois, voté contre ça, mais on était contents. Aujourd’hui, on est contents que… que le régime de retraite… Les gens avaient une vision plus haute que nous pour… Pour… parce qu’aujourd’hui on a… on a vraiment des beaux… des beaux… des belles pensions, des bons fonds de retraite, alors… Mais ça a apporté ça, c’est la sécurité, c’est le moyen de te défendre parce qu’y’a des gens ben… ils ont pas été… y’en a qui ont pas été chanceux, [qui] ont pas eu. On a eu des patrons qui, tu sais, c’est… sont pas toutes des gens gentils, là, mais y’en a qui ont abusé.

[00:41:51] Francine David: Fait que ça a apporté une… une stabilité. Je pense que… de part et d’autre, je pense que le… le… l’UQAM aussi est content qu’y’ait… Parce que quand tu deviens gros, faut que ton personnel soit motivé à quelque chose aussi. Pis tu peux pas régler tous les problèmes… Il faut que ce soit égal pour tout le monde. C’est une équité pour tout le monde d’avoir un syndicat. Parce que sinon, tu peux avoir, tu sais… Pis au niveau salaire aussi, t’as des bases, tu sais. C’est… c’est… c’est des… des règlements, c’est… Dans la vie, ça en prend des règlements pour avancer, tout ça. Moi je pense que c’est beaucoup, ça a apporté beaucoup de… de sérénité, pis beaucoup de… de confiance. De confiance. C’est… de pouvoir garder ton emploi. Tu sais, c’est la sécurité d’emploi. C’est important aujourd’hui aussi. Je sais pas, là… je sais qu’ils ont été en grève cet automne, mais je pense que dans la majorité, les gens sont contents. Ce que j’ai pu entendre. Mais… mais c’est ça. Tu veux faire avancer… Je pense que le SEUQAM est là. Mais il faut qu’il reste. De toute façon, ce serait pas le SEUQAM, ce serait un autre syndicat. C’est la même chose pour les chargés de cours ou les… les… les professeurs. Ça… ça prend un… une force, je pense pour… pour qu’il y ait de l’équit… de l’équité, pour que ce soit équitable pour tout le monde.

[00:43:29] Francine David: Je pense que c’est… Des fois je patine, hein? [Cédric Champagne: C’est clair]. Mais je… oui, moi le SEUQAM ça a été… Au début, on craign… on craignait, mais par la suite, après la première grève, on était contents de tous les avantages qu’on avait eus, qu’on n’avait pas à l’époque, pis que l’équité au niveau des… des salaires, tout ça. Pis le… je reviens encore sur la sécurité d’emploi, pis le… le mode de travail, tu sais, que ce soit respecté. Ils ont fait avancer… [Tu vois], avant, on avait juste le vendredi après-midi qu’on avait pas. Là après on a pu mettre… parce qu’on travaillait de neuf heures à une heure. Après, ça nous a permis de travailler durant l’été un petit peu plus… faire nos journées plus longues pour profiter de notre vendredi. Mais si on n’avait pas eu un syndicat, est ce qu’on aurait pu avoir ça avec… Je ne pense pas. C’est un des avantages qu’on a. Je pense que c’est un avantage, beaucoup, beaucoup que le… que le SEUQAM soit là. Que ce soit le SEUQAM ou autre, là, mais c’est le SEUQAM, le SCCUQ ou… qui a changé de nom, paraît-il là, puis… puis le… le… aussi, le SCCUQ… le SCCUQ? Le SPUQ! [Lise Roy : SPUQ] Le SPUQ, oui, c’est ça. Mais c’est ça, ça en prend parce qu’on est gros. Pis… Bon, c’est à peu près ça.

[00:44:54] Cédric Champagne: Étiez-vous active au sein du SEUQAM?

[00:44:55] Francine David: Non, [Cédric Champagne: Non?] j’étais pas active. Ben… ça a pas adonné. C’est… c’était pas moi. J’aimais mieux… je sais pas… mais ça m’a pas, ça m’attirait pas, là. Ça m’attirait pas d’aller là. Peut-être les gens qui étaient là, en place… j’avais pas… j’avais des divergences, je sais pas, tu sais. Ça m’a jamais attirée d’aller… Pourtant, moi qui aimais ça me mettre le nez dans… Je sais pas pourquoi, mais j’étais bien dans ce que je faisais aussi, pis… pfffffff… J’ai fait… je faisais partie de Centraide, je faisais partie de plein d’affaires, d’activités. Fait que pour moi c’était plus du bénévolat autre que d’être dans le SEUQAM, tu sais. C’était correct aussi, ça en prenait des femmes comme moi pour être comme ça, pis laisser la place aux autres qui aiment se défendre, pis de… tu sais, c’est… c’est ça. Je sais pas pourquoi, je veux pas… pas me poser la question. Pourquoi j’ai pas été dans le SEUQAM? Faut dire que parler en public, [c’est encore] mon… mon fort. J’aime pas ça, hein? C’est… c’était pas… c’est sûr qu’avec le temps, je suis un petit peu moins gênée, mais… je dis ça, pis quand je viens à l’UQAM, je suis très gênée. Quand j’ai un discours à faire là. Petit discours de trois minutes, hein? Quand je suis à l’UQAM, on dirait que je suis comme, je sais pas, parce que y’a… y’a des profs, pis tout ça… Pis quand je suis avec juste mon monde, ça va bien, les… les idées viennent. Pis quand je… Faut je sois structuré, quand je suis avec les gens de l’UQAM. Ben regarde, tu sais, je regarde mes petites-filles aujourd’hui avec les cours d’improvisation, tout ça, c’est… c’est.. je suis contente. Si on avait eu ça dans mon temps… Mais c’est correct aussi.

[00:46:48] Cédric Champagne: On avait parlé tout à l’heure, bon, de la… de la mise sous tutelle. J’ai… j’ai mal compris exactement. C’était une mise sous tutelle du registraire?

[00:46:55] Francine David: Oui, c’était le registraire de l’époque, Jean-Jacques…

[00:46:57] Cédric Champagne: Par qui y’a eu cette mise sous tutelle? Pourquoi…

[00:47:00] Francine David: Ben, y’a dû se passer quelque chose. Ben, comme je parle au niveau des admissions, ça avait pas… ça répondait pas… tout ça. Mais probablement qu’il s’est passé quelque chose d’autre au niveau de l’administration qu’on ne savait pas. Ça a été en tutelle, ça a été… [Cédric Champagne: Par le gouvernement?] Par la direction, parce que… comment il s’appelait le prem… Dorais? Dorais, les vice-recteurs… probablement qu’ils voyaient que… parce qu’il travaillait… faudrait pas marquer ça… il travaillait pas fort fort. Il se promenait, pis y’avait pas grand-chose qui se faisait. Alors…

[00:47:35] Cédric Champagne: Le registraire de l’époque vous parlez?

[00:47:37] Francine David: Oui, [Cédric Champagne: Ok] je parle de Jolois.

[00:47:38] Cédric Champagne: Oui, monsieur Jolois.

[00:47:39] Francine David: Que Dieu ait son âme. Il était… c’était comme un régime de terreur aussi. Les… les… je me souviens que les… les secrétaires, les commis avaient peur de lui. Tu sais, parce qu’ils étaient très régimentés. Tu sais, c’était comme dans l’armée. Le pourquoi qu’il a été… je me souviens plus, je vous avoue franchement. S’ils ont nommé tuteur M. Pérusse, c’est parce qu’y’avait une bonne raison de… de faire parce qu’ils sont tolérants quand même. C’était le début de l’UQAM. Je pense qu’ils ont regretté un peu de pas avoir nommé Monsieur Langevin comme registraire. Parce qu’il était un excellent… [Lise Roy: au Collège?] Je pense même qu’il est parti à Sherbrooke, lui, Monsieur Langevin. Et ça, c’est pas… Mais c’est vrai que c’est Monsieur Dorais… Il arrivait de l’Université de Montréal. Fait que lui, il avait nommé Jolois. Tu sais, à l’époque ça se faisait comme ça, je… Tu sais… Mais le pourquoi, je le sais qu’au niveau des admissions, pis des inscriptions ça allait pas fort, fort. Pis y’avait… quand ils se sont aperçus qu’y’a… écoutez, y’avait des caisses de… de demandes d’admission, de pas… des… des admissions c’était pas… les dossiers étaient pas montés, pis tout ça. J’aurais dû me renseigner, regarde. Je suis pas fine hein? J’aurais pu parler avec quelqu’un qui était avec moi à ce moment-là, tu sais j’ai pas…. Mais le temps passe si vite. Vous savez, à la retraite hein? Si on n’a pas d’agenda, là… Pis c’est ça, regarde, j’ai pas eu le temps de… Mais y’a dû avoir quelque chose là. Parce qu’il était à peu près… C’est ça, quand M. Pérusse est quitté, ç’a été Denis Laforte qui a été registraire. Pis moi, j’ai quitté à l’UQAM… Je me suis mariée en 72… j’ai quitté en 73. Je suis revenue en 74. Je me suis mariée, pis mon mari travaillait à Toronto, alors je l’ai suivi. Pis à l’époque, ils accordaient pas de congés sans solde. Fait que je l’ai pas demandé. Pis quand je suis revenue, je suis revenue quatorze… vingt mois plus tard, ils ont dit: « Pourquoi Francine t’a pas demandé? ». Ben, je dis: « Ça existait pas dans notre convention ». « Ben ça aurait pu créer un précédent ». Mais je pensais pas. Moi, je partais pour Toronto pour la vie. Pis on est revenu au bout de vingt mois. Fait que là, j’ai refais le système. Je suis allé comme commis au service du personnel. Pis six mois plus tard, j’étais assistante administrative… agente d’administration au Service d’éducation permanente qui s’est fusionné par la suite aux Services à la vie étudiante, mais ça s’appelait Services aux étudiants. Et moi, c’est comme ça que je suis arrivée au Décanat des études de premier cycle parce qu’on devait me replacer. Parce que la personne qui était là… me souviens pas de son prénom, mais elle avait plus d’ancienneté. Moi j’avais perdu comme vingt mois d’ancienneté, pis elle en avait plus. Et c’est comme ça. C’est mon cheminement. Mais c’est… ça a été agréable, ça a été le fun quand même. Mais c’est ça, j’ai quitté, pis à ce moment-là j’aurais dû le faire, mais je l’ai pas fait. C’est pas plus grave. Tu sais, y’a plein de choses… C’était tout nouveau aussi hein les conventions collectives. Les… les… Tu sais, tu quittais à ce moment-là. Tu te mariais, pis tu quittais hein? Pis moi, j’étais une femme au… j’étais pas une femme au foyer. Quand on est [] … on est revenu au Québec, j’avais un jeune enfant. Un jeune enfant… un bébé. Et pis là après j’ai dit: « Non, non, moi je peux pas rester à la maison, faut que je retourne… » pis je suis revenue à l’Université. Ça a été… c’était bien. C’était bien. J’ai vécu ce que c’était aussi le Service du personnel, c’était aux avantages sociaux. Ça m’a permis de… de voir comment ça se passait aussi. C’était une belle équipe aussi, là, tu sais. En gros, c’est ça.

[00:51:36] Lise Roy: Pis j’aimerais… peut-être une dernière question [] … [À Cédric Champagne] Y’a tu d’autres choses que tu voulais? [À Francine David] Est-ce qu’à un moment donné dans votre vie, vous vous êtes retournée de bord, pis vous avez dit: « Ah, tiens! J’ai contribué à… à créer tout ça. J’ai contribué à… à la création de l’UQAM ». [Est-ce que] c’est au moment de votre retraite? Ou ça… Quand est-ce que vous avez vu comme une… est-ce que vous avez eu une prise de conscience que vous avez été… [Francine David : Oui] un agent important de la construction de l’UQAM?

[00:52:03] Francine David: Oui, peut être pendant ma retraite, je… C’est peut-être un peu avant parce que… Bah je sais que quand je suis partie à la retraite, on m’a fait un… une espèce de bien-cuit avec tout ce que j’avais fait dans la vie et tout ça. Mais je sais que quand j’étais à la Fondation, je pense, je me disais: « Ah, j’ai fait ça ». J’ai fait… Tu sais, j’étais contente d’être part… d’avoir fait… d’être là au moment de la création de l’UQAM. Parce que c’est drôle, parce que dernièrement, en mai dernier, j’ai rencontré Monsieur Baron, pis je lui disais ça parce que tu sais, on dirait… Il dit: « On est une belle équipe maintenant, de jeunes » [tout ça]. [Je dis]: « Vous savez, Monsieur Baron, y’en a eu des changements dans mes 35 ans, pis tout le monde disait la même chose. Mais il faut pas oublier une chose : on était là. Faut pas nous oublier ». Parce qu’on est porté à nous oublier, les retraités. Et même, là, dans le cadre du 50ᵉ…. Regarde, j’ai dit ce que je pensais, mais j’ai dit: « Oubliez surtout pas que on était là ». On était là à la création, pis les gens sont fiers d’être… d’avoir été là. Pis moi, ben, j’en… Peut-être quand j’en ai pris, peut-être, plus connaissance… conscience, c’est quand j’ai… [Ça] fait dix ans que je suis présidente, alors… j’ai… quand j’ai fait mon petit discours que je fignole un peu à chaque année, j’ai… je leur dis aux gens comme quoi ça a été un privilège pour moi d’être là à la création, d’avoir fait… le sentiment de… du travail accompli aussi. Ça… Quand même j’aurais voulu faire plus… je pense pas. À moins d’avoir été professeure, mais j’avais pas les qualités pour être professeure. J’étais pas assez… j’étais pas assez… comment dire… patiente pour ça ou quoi que ce soit. Mais… Ouais ben on a fait quand même des… Oui, c’est à peu près… À la retraite, tu prends une prise de conscience aussi quand tu… Moi, j’avais commencé vers…. Quand on a eu le cours de préparation à la retraite. Je dis: « Ah, je vais tu partir à la retraite » quand… tatata. Là tu rencontres [] les gens. Pis je dis: « Ah, à 60 ans ». Fait que ça me faisait trois quatre ans à penser. Pis là tu dis : « Ben, j’ai fait ça, ça », tu sais. Parce que moi je l’ai pris à 60 ans ma retraite, pis ça a été… c’était correct aussi. Mais peut-être, c’est ça, entre 55, 60 ans. Mais on savait qu’on faisait quelque chose de bien, pis tu sais, quand l’UQAM… tu entends que elle a été honorée ou des personnes qui ont été honorées, tu dis: « Ah ben regarde, je l’ai connu un tel » ou « J’ai connu une telle », pis elle est rendue, tu sais, elle est rendue là. Pis c’est le fun parce qu’on a dit: « On les a côtoyés ». [Tu] Sais pas si… tu les rencontrais aujourd’hui, ils te connaîtraient, mais c’est pas grave, tu… tu les… tu les as vus dans le… tu sais dans… le plus jeune temps pis tout ça, tu sais. Mais c’est à peu près ça aux alentours de 50, 55 ans, là, on prend conscience de… de tout le travail, de tout ce qui a été fait aussi. Ça a été… Parce que c’est parti de loin, là. C’est vraiment… Quand on parle du Collège Sainte-Marie, comme les autres institutions, on n’était pas à ce que c’est aujourd’hui. Alors, c’est un… c’est un grand… un grand cheminement. Mais moi, je suis très fière. Je suis très fière de… d’y avoir participé pis d’avoir travaillé fort.

[00:55:24] Francine David: Ça, je peux vous dire qu’on a travaillé fort, pis on regardait pas le temps qu’on faisait à l’époque, mais c’est correct aussi. Pis tout le cheminement, tout ce qui a fait avancer l’UQAM, ben… c’est correct. Faut le regarder sur le côté positif. Y’a des points négatifs, mais pourquoi… Moi, dans la vie, j’ai toujours été positive. J’ai toujours gardé… Bon, c’est sûr… Mais si je me compare… Là, j’ai des problèmes de dos, mais si je me compare avec quelqu’un qui a le cancer… Quand j’ai eu un changement de hanche, en 2012, je me disais… j’ai dit à mon chirurgien: « Ben j’aime mieux me faire dire que c’est la hanche que de me faire dire que j’ai un cancer ». Tu sais, me semble que c’est plus positif. Pis lui, il m’avait dit… Mais c’est un peu comme ça. Avec mon fils, c’est la même chose, regarde. « Ben, il t’arrive ça, mais tu vas voir quand tu vas être plus vieux… », tu sais. Pis là, aujourd’hui, ben, il dit: « T’avais donc raison ». Tu sais, c’est… Mais je pense qu’il faut… Parce que… Tu sais, pis… le… le passé, tu peux pas le changer, là, hein? Tu peux changer ton avenir, ton présent, mais le passé… Toutes mes erreurs que j’ai faites dans mon passé, quand même que j’aurais… Je [pense]… Tu sais, j’y penserais pis que je me… « Ah, je suis triste pour ça, j’aurais dû faire ci, j’aurais dû faire ça ». Non, non, non. Je peux pas rien changer. Sauf que maintenant, je peux changer… il m’en reste moins là, mais je peux changer quand même ma vie, mais… Non, j’ai été de nature… plus positive que négative. Pis je… je suis très contente d’avoir été comme ça aussi. Faut dire que j’avais une mère très positive aussi. [Silence] Je pense qu’on a passé… [Lise Roy: Je pense qu’on a fait le tour.] [00:57:08] Cédric Champagne: Ouais, ben je pense qu’on a fait le tour. Bien…

[00:57:10] Lise Roy: Il nous reste plus qu’à vous remercier. Merci beaucoup pour votre générosité [Francine David: Merci].

[00:57:13] Francine David: Des fois, c’est sûr que moi… Je suis de nature comme ça. Je vais passer… je passe par Québec pour arriver à Montréal. Mais j’essayais de… Mais je suis contente d’avoir fait le travail que j’ai fait ce matin. Mais ça m’a fait plaisir aussi. C’est ma petite partie à moi de… du [quinze]. [Si] ça peut vous aider dans vos… dans vos choses ben tant mieux. C’est un plaisir pour moi d’avoir été ici.

[00:57:38] Cédric Champagne: Ben merci beaucoup.

Transcription de l’entrevue

Si je suis qu’est-ce que je suis aujourd’hui, c’est un peu grâce à l’éducation aussi. Pis
avec tout ce qu’on a vécu aussi dans les années… dans le monde… dans le monde du
travail. Pis de travailler dans l’enseignement, ben ça a été un privilège aussi. Même si
j’ai pas été professeure, j’ai aidé à ça. Je… On participait d’une façon ou d’une autre à
l’élaboration de… d’une université où… pis de ce qu’elle est devenue aujourd’hui…

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